Entretein avec Mio Takada d'ARENYS de Munt (Barcelona)

[La calligraphie] quand c'est fait, c'est fait. Et c'est fait avec la respiration, avec

Mio Takada à La Colle s/Loup 2006.
Mio Takada à La Colle s/Loup 2006.

Vous enseignez la calligraphie et pratiquez l'aïkido, pourriez-vous vous présenter aux lecteurs d'AïkidoJournal ?

Je m'appelle Mio Takada, je suis Japonaise, née à Tokyo en 1972. Quand j'avais 18 ans, je suis allée en Angleterre pour étudier l'Anglais. J'y suis restée 11 ans. J'ai étudié à l'Université des Beaux-Arts, et puis j'ai travaillé dans la restauration de vitraux.


Aviez-vous pratiqué un art martial avant de venir en Europe ?

Non, je n'en avais jamais fait. En général, je n'étais pas très forte en sport. Je nageais beaucoup. Quand j'étais petite, j'ai eu des problèmes d'asthme et on m'a fait faire de la natation, mais c'est tout. Mon père était professeur de kendo, et pour une gamine ce n'était pas très cool de faire ce qu'enseigne son père… je n'étais pas du tout intéressée par les arts martiaux.


Et c'est donc en Europe que vous avez commencé ?

Quand j'étais à Bath, dans le Sud-Ouest de l'Angleterre, j'avais des amis qui faisaient de l'aïkido. Je ne savais même pas ce que c'était. J'avais entendu parler de l'aïkido au Japon quand j'étais petite : nous avions même un voisin qui avait un dojo d'aïkido. L'image que je me faisais de l'aïkido, c'était deux personnes qui se tiennent l'une en face de l'autre, et il y en a un qui crie, qui fait « ah ! » et l'autre tombe. C'était l'image que j'avais dans ma tête.

Mais en Angleterre, comme mes amis en faisaient, je suis allée voir par curiosité. J'ai commencé par hasard, et je n'ai jamais arrêté… Et cela fait dix ans que je pratique.


Et le dojo où vous pratiquiez était dans la mouvance de Me Tamura ?

Sur le papier, c'était sous la direction de Tamura Senseï. Mais ni moi, ni aucun des autres pratiquants, nous ne savions qui c'était. C'était juste sur le papier, pour des raisons d'assurances, ou quelque chose comme ça… On n'avait pas beaucoup de contact avec d'autres maîtres ou d'autres dojo à l'extérieur de cette petite ville. C'était un peu particulier comme dojo. Ce n'était pas de l'aïkido comme on l'entend en général. Le professeur venait du judo, et il avait son aïkido qui était comme du judo, mais pas tout à fait comme de l'aïkido, mais pas tout à fait. C'était un peu spécial. C'était complètement fou, mais je ne savais pas ce que c'était et donc je me suis amusée.


Est-ce que vous avez commencé à faire de la calligraphie au Japon ?

Ça oui. Très tôt, comme tous les gamins au Japon. C'est pour ainsi dire obligatoire. Et mon père qui était calligraphe m'a enseigné, depuis que j'étais très petite.

La calligraphie, ce n'est pas la même chose qu'apprendre à écrire. Dans toutes les écoles, il y a des classes de japonais, où on apprend la langue, l'écriture et des classes séparées de calligraphie.


En Angleterre vous avez étudié les Beaux-Arts, est-ce que cela comprenait la calligraphie?

Non, j'étais allée en Angleterre pour étudier les Beaux-Arts et je me suis spécialisée en sculpture. Mon idée, ce n'était pas de quitter le Japon pour l'Europe pour faire de la calligraphie. C'est revenu plus tard, peut-être en rapport avec l'aïkido, une autre chose traditionnelle de mon pays. Mais quand je suis venue en Europe, c'était pour découvrir quelque chose que je ne trouvais pas au Japon. Mon idée n'était pas de transporter quelque chose de traditionnel du Japon en Europe. Je n'avais pas prévu d'enseigner la calligraphie ici, pas plus que de pratiquer un art martial japonais.

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